Prostitution

Prostitution et Traite…

 

Selon le protocole de Palerme , « l’expression “traite des personnes” désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation».

La définition de la prostitution a été établie dans un décret du 5 novembre 1947 : la prostitution est « l’activité d’une personne qui consent habituellement à des rapports sexuels avec un nombre indéterminé d’individus moyennant rémunération ».

Nous considérons donc que la prostitution et la traite des êtres humains sont deux choses distinctes par le moyen, l’action et le but recherché.

 

Pourquoi parler de Travail du Sexe ?

 

Depuis quelques années le terme de prostitution tend à être remplacé par celui de Travail du Sexe. Chargé moralement, le mot « prostitution » est encore trop souvent associé à la déviance, à la corruption et à la victimisation. Les termes « prostitution », « prostituée », « putain » et « pute » restreignent l’identité de la personne à l’activité qu’elle exerce c’est-à-dire l’offre d’activités sexuelles en échange d’argent. Or, ces personnes ont besoin qu’on définisse leur activité en termes de travail, puisqu’il s’agit d’une occupation génératrice de revenus.

Ainsi parler de travail favorise la distinction entre l’activité économique et la personne elle-même. Ces femmes et ces hommes ne se confondent pas avec le travail qu’elles pratiquent. Ils représentent, comme tout être humain, beaucoup plus que leur travail! De plus, parler de travail contribue à sortir la prostitution de l’invisibilité et du non-dit, terreau fertile des stéréotypes et de la stigmatisation.

Enfin, utiliser le terme de travail permet de repenser cette activité sous l’angle de contrat, d’amélioration des conditions de travail, et de la capacité des travailleuses du sexe à négocier les différents aspects de leurs services (actes, tarifs et durée).

Parler de travail du sexe autorise à poser des actions en regard des droits des personnes prostituées: le droit de travailler en santé et en sécurité, le droit de ne pas être violentée, harcelée ou discriminée, le droit de s’associer avec d’autres pour se protéger, le droit à la dignité et à l’intégrité de sa personne.


 

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